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Marc Dingreville

Le secteur cinématographique en France en quelques chiffres
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En France, le cinéma est une industrie en pleine expansion. C’est d’ailleurs l’un des loisirs préférés des Français. En 2016, le 7ème art a attiré près de 213 millions de spectateurs devant des blockbusters, des productions indépendantes ou encore des films de genre. De plus, avec les progrès technologiques, cette tendance n’est pas prête de s’arrêter. Il y a tout juste un an, la première salle 4DX de France ouvrait ses portes au Pathé La Villette et continue d’attirer les foules. De même, les effets spéciaux de plus en plus réalistes permettent de faire naître les idées les plus folles des réalisateurs et des scénaristes.  Marc Dingreville, le directeur du Cinéma de Domont, nous propose un tour d’horizon des chiffres clés du secteur cinématographique en France.

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Les salles obscures attirent toujours autant

Une étude du Centre national du cinéma (CNC) montre que depuis l’an 2000, le nombre d’entrées et de séances augmentent de façon continuelle. Exception de l’année 2013, où les entrées étaient à la baisse. Dans cette étude, on remarque que les chiffres de la fréquentation en salle sont très irréguliers d’une année à l’autre. En effet, comme le précise Marc Dingreville, certains films attirent plus de monde que d’autres. Le spécialiste note que cette fluctuation est le plus souvent due à une situation précise ou des films français et américains très attendus se retrouvent à l’affiche.

De 2000 à 2016, on constate que le nombre d’entrées en France est passé de 165,8 millions à 212,7 millions. On note aussi une importante hausse entre 2000 et 2001 (plus de 20 millions d’entrées en plus). Cette augmentation est certainement due aux trois énormes succès de cette période que sont Harry Potter à l’école des sorciers, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Le Seigneur des anneaux. De même, le très gros score de l’année 2004 (195,8 millions) est à mettre en corrélation avec le succès des Choristes et du film d’animation Shrek 2.

Bien entendu, pour être tout à fait exact, cet engouement doit être relativisé. En effet, s’il on observe le nombre d’entrées depuis l’avant-guerre, on constate que les chiffres actuels ne sont pas si élevés qu’ils le paraissent. Depuis les années 1948, la fréquentation a globalement diminué jusqu’aux années 1980.

Une question demeure : comment expliquer cette baisse, alors que les salles de cinéma étaient moins présentes sur le territoire ? Marc Dingreville nous donne la réponse. A l’époque, le cinéma était le seul moyen de connaître l’actualité et de voir un film, la télévision n’était pas encore inventée. Il est aussi important de noter qu’un film pouvait rester très longtemps à l’affiche d’une même salle, jusqu’à 3 ans.

La baisse de fréquentation des salles remonte donc à la période où les Français ont pu s’équiper de poste de télévision, c’est-à-dire dans les années 1960. La deuxième baisse, constatée dans les années 1980, est due à l’émergence des chaînes privées et des magnétoscopes. La reprise de la hausse démarre à partir des années 1992 avec l’augmentation des salles de cinéma en milieu rural.

Le territoire français est bien couvert en salles

Comme vu plus haut, c’est à partir des années 1990 que le territoire français se couvre de salles de cinéma. Majoritairement urbain, le parc cinématographique s’implante dans les campagnes et les villages.

L’enquête du CNC nous montre qu’en 2015, le pays comptait 2033 établissements cinématographiques (petites salles, multiplex, etc.), soit 5741 salles et 1 094 703 fauteuils. De plus, les salles sont assez bien réparties sur le territoire français. En effet, même les zones moins peuplées sont très bien desservies.

Cependant, tout n’est pas rose dans le monde de l’exploitation cinématographique. En effet, on note que, depuis 2005, la France a connu la fermeture de 54 établissements. Si le nombre d’établissements actifs a diminué de 2,6%, ce recul ne toujours pas toutes les catégories de cinéma de la même manière. Par exemple, ce sont surtout les petites salles (moins de 5 écrans) qui ont été le plus durement touchées. De l’autre côté, on remarque que les établissements disposant de plus de 5 écrans ont largement progressé.

Cette progression est largement corrélée avec l’augmentation des multiplex, c’est-à-dire des complexes cinématographiques disposant de plus de 5 salles. En 2005, on constatait 7 ouvertures par an alors qu’en 2014, le chiffre a connu une augmentation de 28,2%. De ce fait, la concentration des écrans et des fauteuils a largement progressé : de 2,5 écrans et 491 fauteuils par établissement en 2005, on est passé à 2,8 écrans et 530 fauteuils en 2014.

Cependant, il ne faut pas blâmer les multiplex, car ils permettent à la population périurbaine de profiter de la majorité des sorties. Mais bien sûr, on constate qu’ils participent à la désertification des activités culturelles des centres-villes.

De plus, ils représentent une sévère concurrence pour les petites salles indépendantes. En effet, en 2014, les multiplex ont concentré 60% des entrées alors qu’ils ne constituent que 10% du parcs cinématographiques français.

Or, on remarque que chaque fermeture de petit établissement creuse un peu plus les disparités qu’il peut y avoir en termes d’offre entre les différentes zones géographiques du territoire. De ce fait, le CNC estime que seulement 48,1 % de la population française est bien desservie en terme d’offre cinématographique.

Depuis 1995, on remarque que les tendances s’inversent au niveau des spectateurs des salles de cinéma : les seniors vont maintenant autant dans les salles obscures que les jeunes. Sur les 212,7 millions de tickets de cinéma vendus en 2016, on remarque que plus de 17% des entrées sont réalisées par 4,2% des passionné(e)s du 7ème art qui se rendent dans les salles obscures plusieurs fois par semaine. Cependant, la majorité des tickets de cinéma sont vendus à des spectateurs occasionnels.

Plus que de savoir qui achète les tickets et qui va au cinéma, l’enquête du CNC montre quelque chose de beaucoup plus intéressant : l’évolution du public qui se rend au cinéma. En effet, on constate que de moins en moins de jeunes vont voir des films en salle à la différence des personnes âgées (plus de 50 ans) qui se rendent de plus en plus souvent au cinéma. Cette tendance est visible depuis 1993. Depuis cette année, la part des moins de 25 ans qui vont au cinéma ne fait que diminuer contrairement à la part des plus de 50 ans qui ne fait qu’augmenter. C’est en 2010 que les deux courbes se rejoignent (la part des jeunes est alors de 32,4% et la part des seniors de 31,9%). Depuis, on constate couramment que les personnes de plus de 50 ans sont plus nombreuses à se rendre au cinéma que les jeunes, même si les pourcentages restent assez proches et fluctuent quelque peu.

Ensuite, l’enquête permet aussi de s’apercevoir que la population cinéphile varie en fonction du sexe des spectateurs. On note que les femmes se rendent plus souvent au cinéma que les hommes. Cette tendance depuis 2009. Cette année, il y avait 45,5% d’hommes dans les salles contre 54,5% de femmes. En 2015, l’écart reste toujours significatif : 46,8% d’hommes contre 53,2%. Marc Dingreville explique cette situation par le fait que ce sont généralement les femmes qui accompagnent leurs enfants aux séances, notamment pour les films d’animation. L’année 2009 est très représentative de cette situation car c’est à cette période que sont sortis des films comme Là-haut, L’Âge de glace 3 et Harry Potter et le Prince de sang-mêlé.

Même face aux films américains, les films français attirent toujours les spectateurs

Bien que les films américains soient les plus regardés en France, les films français restent en haut du tableau. Et la tendance est stable depuis de nombreuses années maintenant. En 2007, déjà, les films français attiraient 36,5% des spectateurs tandis que les films américains, eux, restaient en tête du classement avec 49,3% des spectateurs. En 2016, la situation n’a que très peu évolué, au grand bonheur du cinéma français : 35,3% pour les films français et 52,6% pour les films américains. Les films d’autres nationalités ferment la marche et n’attirent pas autant de personnes.

A noter que l’année 2014 a été un très bon cru pour le cinéma français. En effet, cette période a été marquée par trois grands succès, production de notre pays : Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu, Supercondriaque et Lucy. Chacun de ces films a attiré plus de 5 millions de spectateurs. En 2016, aucun film n’a franchi ce cap, mais 25 films français ont dépassé le million d’entrées.

De plus, il est intéressant de noter que sur les 200 plus grands succès du box-office français depuis 1945, 89 films sont français contre 84 américains. Malgré tout ce que l’on peut entendre, le secteur du cinéma français n’est donc pas mort.

Cependant, Marc Dingreville, en tant que spécialiste du secteur, nous indique que, malgré la bonne santé apparente du cinéma français des inégalités existent, notamment entre les grosses productions et les films indépendants. A titre d’exemple, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID) a déploré en 2013, le manque de salles françaises qui diffusaient ce type de production. Néanmoins, en mai 2016, un accord a été signé entre les partenaires sociaux du cinéma, sous la tutelle du CNC, qui stipule que les salles s’engagent à mieux diffuser et plus longtemps les petites productions.

En France, le secteur du cinéma est donc en pleine santé. Les salles réalisent un nombre conséquent d’entrées et les films français tiennent la dragée haute aux films américains, qui restent, malgré tout, ceux qui attirent le plus de monde. Dingreville Marc, déplore juste les disparités qui peuvent exister entre les grosses productions et les films indépendants. Il ne reste plus qu’à voir si l’accord passé pour améliorer la diffusion des petites productions porte ses fruits.